Portraits de Chris Marker

De la vie de Chris Marker, on sait peu de choses.
De la vie de Christian Hippolyte François Georges Bouche-Villeneuve, on connaît encore bien moins de choses.
Ce qui est notoire, en revanche, c'est que Chris Marker adorait les pseudonymes (Christian Villeneuve (PEC), Marc Dornier (revue), Palotin Giron (revue), Chris Mayor (revue), Chris Marker, Chris. Marker, Chris and Magic Marker (film de Resnais), Christian Marker (traduction), Fritz Markassin (traduction), T. T. Toukanov (traduction), Jacopo Berezini (traduction), Jacopo Berenzini (film), Boris Villeneuve (traduction), Sandor Krasna (film et Flickr), Michel Krasna (film), Dolorès Walfisch (interview fictive), Hayao Yamaneko (film + web), Guillaume-en-Egypte (revue + web), Sergei Murasaki (Second Life), Kosinki (Youtube), Christophe Berger (Demain la Chine), Iterovitch et quelques autres non encore découverts), se jouait de son histoire et détestait, par dessus tout, dit-on, être photographié.
Nous nous proposons ici de dresser un "panorama" le plus exhaustif possible des photographies "(re)trouvées" dans leur format "original" (dans la mesure du possible et des connaissances à l'heure de leur découverte) et un ordre quasi-chronologique, rétabli grâce à l'aide de lecteurs/lectrices avisé(e)s, tel(le)s que Dominique Raoul-Duval, Florence Dauman, Laurence Braunberger, Arnaud Lambert ou celle et celui dont on ne doit pas écrire le nom (bien qu'étrangers aux aventures d'Harry Potter), lecteur et lectrices que nous remercions ici encore chaleureusement.

Une vie en image...

chris marker portrait gravure louis marcoussis 1940 le medium les devins gaston bachelard

Le tout premier "portrait" connu de Chris Marker n'est pas une photographie, mais une gravure réalisée par Louis Marcoussis. Christian Bouche-Villeneuve y est représenté sous le pouvoir des mains du médium.
Installé à Cusset, petit bourg à l'est de Vichy, depuis le 12 juin 1540, Marcoussis y gravent une suite de seize pointes-sèches, ainsi que dix huit dessins de gravures portant tous la mention ​"Cusset 1940", destinés à illustrer le texte de Gaston Bachelard. Cette série est tirée à 70 exemplaires sur papier vélin de Rives, avant que les cuivres ne soient volontairement rayés.
A cette même époque, Chris Marker a quitté Paris pour rejoindre son père Georges Bouche-Villeneuve à Vichy. Il y crée La Revue française, avec Robert Pingaud, revue qui ne connaîtra que 2 numéros. C'est probablement dans ce cadre qu'il fit la connaissance du graveur Louis Marcoussis. Et celui-ci le choisit comme modèle pour son cuivre intitulé "Le Médium". Cependant, "frappé par deux congestions pulmonaires lors du rigoureux hiver 1940-1941 (moins vingt-sept degrés), Marcoussis est soigné par le Dr. Alexandre Giraudoux, frère de son ami Jean Giraudoux. Une pleurésie survient et une radiographie diagnostique alors un cancer du poumon. Louis Marcoussis s'éteint dans la matinée du 22 octobre 1941", alors que Marker lui s'apprête à quitter Vichy pour, finalement, rejoindre la Suisse, puis la Résistance.

chris marker yeva marker 1946

La plus ancienne photographie connue de Chris Marker semble être celle publiée récemment dans un article de Thomas Tode: "Le Détonateur de la culture cinématographique allemande d'après-guerre: les rencontres cinématographiques franco-allemandes (1946-1953)", paru en 2010 dans le numéro 60 de la revue 1895. Elle est tirée des archives de l'association Peuple et Culture. Tode donne la légende suivante "Stage 1946 en Allemagne: Yeva Marker (à gauche) et Chris Marker (au milieu)." En effet, Chris Marker s'est marié le 12 décembre 1946 avec Yvonne Yacinthe Berton. Et tous deux participaient, aux côtés d'André Bazin, aux Rencontres pour l'amitié franco-allemande organisées par Peuple et Culture, sous la houlette de Joseph Rovan. A noter que Yeva Marker est aussi du voyage à Helsinki pour le tournage de Olympia 52.

chris marker yeva marker 1946

Chris Marker à Genève aux alentours de 1943.
(Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 30)

chris marker yeva marker 1946

Chris Marker en uniforme à la fin de la guerre.

chris marker yeva marker 1946

Chris Marker à la fin de la guerre, aux alentours de 1945.
(Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 36)

chris marker yeva marker 1946

Chris Marker en uniforme de l'armée américaine
(Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 36)

Chris Marker dans le plus ancien portrait publié connu, daté de 1949. Il apparaît dans la première édition du Coeur net, parue aux éditions du Seuil. Il a été inséré en 3ème de couverture, accompagné d'une biographie en bonne partie fantaisiste (cliquez sur l'image à gauche pour l'agrandir, comme pour toutes les images de ce site, d'ailleurs!).

Un autre dessin représentant Chris Marker est paru le 17 mars 1950 dans le journal Témoignagne chrétien  (n°297, p. 5) à l'occasion d'un article critique sur le roman Le Coeur net  sorti l'année précédente.

Autre portrait des débuts de Chris Marker, publié dans le cadre d'un article de Max Pol Fouchet, «Chris Marker, ou la révélation par l’acte», Liens. Cahier mensuel des lettres et des arts, n° 36 (mai 1950), p. 1 et 16.





On le retrouve sur la quatrième de couverture de la traduction anglaise du Coeur NetThe Forthright ​Spirit  (1951).

chris marker yeva marker 1952 Lindau

Toujours dans le cadre des échanges franco-allemands soutenus par Peuple et Culture, ces deux photos ont été prises à l'occasion du rassemblement de Lindau, entre le 15 et le 22 mai 1952. Pour celle de droite, Thomas Tode donne la légende suivante: "Lindau 1952 (de gauche à droite): Enno Patalas, Yeva Marker, un inconnu, Jean Mitry, Chris Marker."


chris marker yeva marker 1952 Lindau

Une des caméras de l'équipe Peuple et Culture partie à Helsinki pour filmer les Jeux olympiques de l'été 1952, saisit Christian Bouche-Villeneuve et sa femme Yvonne Berton, ou plutôt Chris et Yéva Marker, en pleine action. Cette image est tirée d'une des séquences d'​Olympia 52. On la retrouve également dans Regard neuf sur Olympia 52 (2013) de Julien Faraut qui l'a mis en évidence.
Un esprit bienfaisant nous a transmis une copie de la carte d'acréditation de Marker, dont on ignore cependant le lieu de conservation.

chris marker alain resnais prix jean vigo 1954 statues meurent aussi la lecture fernand leger

Un autre portrait photographique est pris quelques années plus tard, à la suite de la remise du Prix Jean Vigo, en 1954, pour Les Statues meurent aussi. Chris Marker et Alain Resnais tiennent ensemble le "prix", une lithographie tirée d'une huile sur toile de Fernand Léger, peinte en 1924 et intitulée La Lecture. Il existe deux variantes de cette "remise" de prix prises en des temps différents (comme le confirme les habits des deux réalisateurs). La première, à gauche, prise ultérieurement, est un des portraits de Chris Marker les plus connus. La seconde variante, ci-dessous, prise à la suite de la remise du prix, comprend au moins deux clichés. Ils sont réapparus dernièrement, à la suite du décès de Marker. On pouvait les acquérir sur le site italien Tips images. Le cliché de droite a été publié dans les Cahiers du cinéma de septembre 2012 (n° 681, p. 87).
Par ailleurs, un document de 49 secondes vient d'être rendu accessible par l'INA, à savoir le vote et la remise du Prix Jean Vigo 1954.

chris marker alain resnais prix jean vigo 1954 statues meurent aussi la lecture fernand leger
chris marker alain resnais prix jean vigo 1954 statues meurent aussi la lecture fernand leger

Dans son films Les Plages d'Agnès, Agnès Varda ressort une photo des années 1950 de ses tiroirs, sur laquelle on trouve Chris Marker. Et de préciser la rencontre: "While we were editing La Pointe Courte in 1955, this one fellow often called Alain Resnais: Chris Marker. When he came, we saw only his leather jacket, boots, gloves, and glasses."

Une autre photographie de Chris Marker en scooter, probablement  en Italie (d'après la plaque d'immatriculation du scooter) et dont on ignore tout!

chris marker 1946 portrait clair de chine esprit portefolio dimanche à pekin

En 1956, Chris Marker se met en scène dans une photographie publiée dans la revue Esprit (n° 234). En fait, à l'occasion d'un voyage en Chine, durant lequel Chris Marker tourne son second film, Dimanche à Pékin, grâce au matériel mis à disposition par Paul Paviot, il réalise dans le même temps le premier portefolio de la revue à partir de photographies du voyage. Ce portefolio de 12 pages, tiré à part et intitulé "Clair de Chine. En guise de carte de vœux, un film de Chris Marker", comprend en tout 27 photos, dont ce portrait "en action" pris par un de ses co-équipiers de voyage, probablement Arman Gatti. Le but est clairement, ici, de valider l'originalité des photos éditées par un "j'y étais".

Cette photo, a été prise à l'occasion de la présentation de Dimanche à Pékin aux Journées internationales du film de court métrage de Tours, en novembre 1956, où le film reçu finalement le Grand Prix.
Agnès Varda, mentionnée comme "conseillère sinologique" dans le générique, était aussi présente pour montrer son film Du côté de la côte. C'est également durant ce festival qu'elle fit la rencontre de Jacques Démy, qui allait devenir son mari, et qui, lui, présentait son film Le Bel indifférent.
Cette photo a récemment été publiée intégralement dans l'ouvrage intitulé Chris Marker de David Cenek (2012, p. 97), et partiellement dans le numéro 175 du mensuel Téléciné du mois de janvier 1972.

chris marker portrait 1957 lettres francaises

Un portrait a été reproduit dans le journal hebdomadaire Les Lettres françaises, du 28 mars 1957, à la suite du Grand prix des journées du court métrage de Tours pour Dimanche à Pékin (1956). Ce portrait sert à illustrer la rubrique d'interviews, intitulée "Flashes sur les jeunes réalisateurs français", de la critique de cinéma Simone Dubreuilh.

Photographie prise par Renée Monet à l'occasion du Festival de Tours, en 1960 (publiée dans Jeune cinéma, n° 347-348 (septembre 2012), p. 20).

Dans un excellent article sur Lettre de Sibérie, intitulé "Chris Marker, Armand Gatti, êtres de Sibérie", paru dans les blogs de la revue web Rue89, le chroniqueur J.-P. Thibaudat, propose une photographie complète prise à l'occasion du tournage du film de Marker, en août 1957. On y retrouve André Pierrard, Chris Marker, Armand Gatti et Sacha Vierny, les quatre protagonistes de cette équipée sauvage au bout du monde.
En mai 1962, la revue Miroir du cinéma avait sorti un numéro "exclusif" sur le duo Chris Marker / Armand Gatti, et proposait en illustration cette photographie recadrée sur les seuls Marker et Gatti.

chris marker portrait lettre de sibérie 1957

En 1967, un portrait de groupe est publié dans la seconde édition des Commentaires, soit les Commentaires 1, pages 38-39. Mais en réalité, ce portrait date du voyage en Sibérie effectué en 1957 et durant lequel Chris Marker tourna Lettre de Sibérie.

chris marker portrait lettre de sibérie 1957

En 1961, un portrait est publié dans les Commentaires, pages 52, avec la légende "Chris et la renarde". Elle a été prise à l'occasion du voyage en Sibérie en 1957.
Signalée par un lecteur attentif et fidèle, que nous remercions ici.

chris marker portrait lettre de sibérie 1957

A l'occasion de la sortie du films Description d'un combat, le journal Témoignage chrétien édite, le 28 avril 1961, une critique du film par Jean Carta, ainsi que cette caricature du cinéaste (n° 877, p. 15).

chris marker portrait à la caméra

Une autre photographie date de cette période. Il s'agit d'une photographie prise par Agnès Varda, ou du moins insérée dans son film Salut les Cubains (1963 / à 6'16'').

chris marker leipzig 1963 joli mai

Photographie qui aurait été prise lors du tournage des Astronautes de Walerian Borowczyk, avec la chouette Anabase (Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 114).

chris marker portrait commentaires 1961

Une autre photographie éditée, en 1967, en 4ème de couverture des Commentaires 2, est parmi les photographies les plus connues du réalisateur.
On y voit Marker à demi caché derrière son Rolleiflex.
En fait, cette image a servi, dès 1961, à la promotion des Commentaires. Par la suite, elle a été intégrée dans le générique de la série télévisuelle de contre information On vous parle de... et dans le cédérom Immemory.

chris marker publicité commentaires presse 1961

Publicité pour les Commentaires parue dans Les lettres françaises, n° 894 (28 septembre 1961), p. 7

chris marker photogramme on vous parle de générique

Photogramme du générique de début du magazine télévisuel de contre information On vous parle de...

chris marker prix lumiere 1962 cuba si ina

Carte d'invitation à l'ICAC en novembre 1961 (Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 174).

chris marker prix lumiere 1962 cuba si ina

Le site de l'INA a mis en ligne le vote et la remise du Prix Louis Lumière 1962 à Chris Marker pour Cuba Si. Un document de 27 secondes jusqu'alors inconnu.

chris marker prix lumiere 1962 cuba si ina

Une photographie de Chris Marker et Joris Ivens qui daterait de 1963 nous a été transmise par un lecteur attentif. Cependant, la source nous est inconnue à ce jour.

chris marker leipzig 1963 joli mai

Photographie de Chris Marker avec le cheval du Testament d'Orphée de Jean Cocteau, prise vers 1960 (Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 122).

chris marker leipzig 1963 joli mai

Cette photographie est l'illustration n° 27 publiée en 1964 dans l'ouvrage dirigé par Theodor KOTULLA, Der Film - Manifeste, Gespräche, Dokumente, Band 2: 1945 bis heute, (Munchen: Piper Verlag). Elle doit cependant avoir été prise plusieurs années avant si l'on compare aux autres photos de cette époque.
Elle a encore été éditée dans le journal suisse Die Tat, du 18 mars 1967.

chris marker leipzig 1963 joli mai

En 1963, Chris Marker présente Le Joli Mai à la Semaine du film documentaire de Leipzig, où il reçoit finalement le "Goldene Taube" (à gauche).
Une autre photo est apparue dernièrement, issue du "Leipziger Dokumentar und Kurzfilmwoche 1964" et diffusée par Abraham Guggenheim sur Facebook (à droite).

chris marker leipzig 1963 joli mai

Le 15 novembre 1964, paraît à Tokyo le nouveau catalogue d'Unifrance pour le Japon, dans lequel est compris un dossier spécial Chris Marker. On y trouve 2 photos du réalisateur, ainsi que 2 dessins le représentant, non sans une pointe d'humour. (collection Argos Films, que nous remercions au passage grandement une fois encore, ainsi que l'indispensable Beat Frey pour la traduction du japonais!)

Chris Marker en 1964, lors du tournage du Mystère Koumiko, au Japon.
(image tirée de Positif, n° 632 (octobre 2013), p. 112).

A l'occasion d'une interview d'Anne Dubosc, fille de Kumiko Muraoka, accordée à Olivier Zahm, pour le magazine Purple Diairy, en automne 2016, une photo souvenir est réapparue.
Elle a été prise en 1964, plutôt qu'en 1965 comme le précise sa légende.

chris marker portrait  1968 cinémathèque québécoise

Autre photo prise lors du tournage du Mytères Koumiko et publiée dans le catalogue Chris Marker de la Cinémathèque française (2018, p. 266)

chris marker portrait  1968 cinémathèque québécoise

Cette photo, qui doit se situer aux alentours des années 1970, a été prise par Agnès Varda, comme cela nous a été confirmé par un de ses assistants que nous remercions ici. Elle est publiée intégralement en 1984 dans le numéro LI (606) du Monthly Film Bulletin. On y retrouve, en plus de Chris Marker, Claude-Jean Philippe, l'animateur du Ciné-club sur Antenne 2 (puis France 2) de 1971 à 1996, ainsi que probablement la journaliste et scénariste France Roche (identification encore incertaine).

chris marker portrait photogramme La sixième face du Pentagone 1968

Les deux photogrammes ci-dessus ont été mis en avant par Arnaud Lambert, dans son ouvrage Also Known as Chris Marker (Paris: Le Point du jour, 2008). Le premier, où Marker se fait arrêter par la police (à droite), est extrait de La Sixième face du Pentagone (1968) et aurait été filmé l'année précédente, durant le tournage du film. On le trouve reproduit dans Staring Back (2007, p. 145), avec la légende suivante: "Chris Marker (center) at the Pentagone (1967), as seen in "I stare 1"." Le second (à gauche) daterait de 1968 et aurait été pris à Paris. Il a été extrait du documentaire Grands soirs & petits matins (1978) réalisé par William Klein.

Cette photo a probablement été prise lors du voyage à Moscou, pour la présentation du film de Costa Gavras, L'aveu, tourné en 1970, comme le précise Marker dans son texte sur Le tombeau d'Alexandre.
Elle nous a été transmise par un lecteur avisé qui n'a pas pu préciser plus l'origine, mais que nous remercions ici.

A l'occasion de la sortie du nouveau coffret "Les Groupes Medvedkine" paru aux éditions Les Mutins de Pangée et ISKRA, en avril 2018, est réapparue une photographie de groupe prise à l'occasion du tournage du film Le Train en marche  (1971), avec Alexandre Medvedkine (tout à gauche) et des membres du Groupe Medvedkine de Besançon, dont Chris Marker (3è en partant de la gauche).

Dans le même temps, une autre photo dont la source est encore inconnue est apparue, toujours en rapport avec le tournage du Train en marche et de la venue de Medvedkine en France. (à droite)
Et puis nos fidèles collectionneurs marseillais nous ont fait parvenir cette autre photo (à gauche) paru dans un livre dont le titre s'est perdu au fin fond des limbes de notre cerveau, mais tout bon chercheur saura le retrouvé s'il y a lieu!
En fait, cette photo du tournage du Train en marche et deux autres de la période SLON-ISKRA-Groupes Medvedkine ont été insérées dans l'excellent projet de Jean-Pierre Dars et Anne Papillault, Histoires courtes, à travers le court métrage - interview de Catherine Roudé: La Part de l'invisible, aux minutes respectivement: 1:12, 1:47 et 2:51. 

Ce portrait de Chris Marker, "professeur de photographie au Groupe Medvedkine", pris par V. Berchoud, est publié dans la trop confidentielle et excellente brochure, du Centre Culturel Populaire de Palente - Les Orchamps (CCPPO), Les Cahiers des Amis de la Maison du Peuple n°5: Micheline Berchoud, La véridique et fabuleuse histoire d'un étrange groupuscule: le C.C.P.P.O. (2003/2004, p. 8 / que l'on peut acquérir à la Librairie Les Sandales d'Empédocle, à Besançon)

chris marker portrait nouveau cinémonde 1970
chris marker portrait nouveau cinémonde 1970

Nouveau Cinémonde, n° 1840 (16 juin 1970). En présence de Chris Marker et Costa-Gavras, ces photographies ont été prises durant une présentation - débat, à Besançon, de plusieurs réalisations du Groupe Medvekine, dont A bientôt j'espère... de Marker, sorti en 1967.

chris marker portrait Centre Culturel Populaire de Palente - les Orchamps CCPPO franche comté france 3

Chris Marker à Besançon, au Centre Culturel Populaire de Palente - les Orchamps (CCPPO), lors de la projection de A bientôt j'espère..., avec le Groupe Medvedkine. Images ​France 3 Franche Comté.

chris marker portrait Centre Culturel Populaire de Palente - les Orchamps CCPPO franche comté france 3
chris marker portrait jean-michal folon la spirale 1975
chris marker portrait jean-michel folon 1975 la spirale

Photographies de Folon prises probablement à l'occasion du montage ou de la post production du film collectif La Spirales (1975) pour lequel Jean-Michel Folon a réalisé le décor et les personnages du jeu nécessaire à la mise en scène explicative.
Photos © Julien Mannoni

En vente: Julian Mannoni - Livres anciens, catalogue 15, n° 22, p. 17.

Cette photographie, symboliquement magnifique, a été prise par Costa-Gavras à l'occasion de la promotion en U.R.S.S. de son film L'Aveu (1970).
Elle a été exposée à la Maison européenne de la photographie (MEP), à Paris, du 26 juin au 15 septembre 2013, et publiée dans le n° 632 (octobre 2013) de la revue Positif.
Chris Marker, Place Rouge, Moscou, 1980
© Costa-Gavras

chris marker portrait wim wenders tokyo-ga 1985

Photographie éditée dans Dokumentaristen der Welt in de Kämpfen unserer Zeit  (Berlin, Henschelverlag, 1982)

Photo prise par Sarah Maldoror en 1979, à l'occasion du séjour de Marker en Guinée Bissau, où il fonda une école de cinéma et jette les embryons de ce qui allait devenir la "Cinémathèque" du pays.
chris marker portrait wim wenders tokyo-ga 1985

Et comme nous le rappelle un spectateur attentif (que l'on ne saurait trop remercier), on trouve des "autoportraits" de Marker dans Sans soleil (1982), à savoir diffusé "dans un des écrans du mur de télévisions, avant un mouvement de caméra vers l'homme qui le filme, à 53 minutes et 27 secondes ou 31".

chris marker portrait wim wenders tokyo-ga 1985
chris marker portrait wim wenders tokyo-ga 1985

Portrait dessiné paru en 1983 dans l'édition du soir d'un journal japonais (soit Asahi Shimbun soit Yomiuri Shimbun). Il accompagne un article intitulé "La caméra est un point de vue parmi d'autres: Pélerinage à travers le monde avec une caméra 16 mm sous le bras". Probablement dans ce même numéro paru le 9 mai, paraît un autre article intitulé "Un déploiement passionant: Sans soleil. Un poème symphonique qui résonne" (collection Argos Films - que nous remercions ici, ainsi que Beat Frey pour la traduction!)

chris marker portrait wim wenders tokyo-ga 1985

Photogrammes tirés de Tokyo Ga de Wim Wenders, tourné en 1985, alors que Marker était au Japon pour le tournage de A.K. (1985) et la promotion de Sans soleil (1982).

chris marker portrait

Cette photographie a été prise par Lars-Olof Löthwall lors du tournage du Sacrifice d'Andrei Tarkovski en 1985. Le site nostalghia.com précise que: "Chris Marker paid a visit. Undoubtedly one of the few photos of Chris in existence - and most definitely the best one of the lot. Lars-Olof had to promise Chris to wait a long time before publishing the photo; he gave it to Nostalghia.com 17 years later." Lars-Olof Lothwall travaillait pour le Swedish Film Institute et s'occupait de la partie "publicité" sur Le Sacrifice.

chris marker portrait

Deux autres photographies prisent sur le tournage du Sacrifice  nous ont été signalées par un lecteur bienveillant.
Ici, Marker filmant Tarkovsky, source non communiquée, et parue depuis en couleur sur Facebook, toujours sans précision de source.

chris marker portrait

Celle-ci éditée dans Anatole DAUMAN. Argos Films. Souvenir-Ecran (sous dir. Jacques Gerber), Paris: Centre Georges Pompidou, 1989, p. 155

chris marker portrait guillaume-en-egypte titanic

"Une rumeur persistante veut que Chris Marker et le chat Guillaume-en-Egypte aient coulé à bord du Titanic" (livret du coffret dvd La Jetée - Sans soleil / Arte vidéo - 2003). Contrairement à ce que l'on peut lire parfois, cette photographie ne serait pas de Wim Wenders, du moins ce dernier ne la reconnaît pas comme telle.

chris marker portrait 1985 wim wenders

Célèbre photographie de Chris Marker par Wim Wenders... pleinement acceptée cette fois!

chris marker portrait 1987 enterrement Andrei Tarkovski

Photographie de Chris Marker prise lors de l'enterrement de son ami Andreï Tarkovski, au tout début janvier 1987, et que Marker a insérée très discrètement dans son propre film homage à Tarkovski, Une journée d'Andrei Arsenevitch, réalisé en 1999.

chris marker portrait 1987 telluride

Chris Marker au Telluride Film Festival en 1987, publié par le magazine numérique Indiewire
Credit: Wendy Smith
L'autre photo (à droite) est une version réduite que l'on trouve sur la toile.

chris marker portrait 1987 telluride
chris marker portrait 1987 enterrement Andrei Tarkovski

Les réseaux sociaux nous apportent quelques fois de belles trouvailles, dont ce profil de Chris Marker, "capturé par un bout de miroir partagé avec Yakov Moiseyevich Tolchan, caméraman de Medvedkine", dans le Tombeau d'Alexandre ​(1993).

chris marker portrait zapping zone 1985

"Autoportrait de l'homme à la chouette" et "Autoportrait en fil de fer" proposés dans l'installation Zapping Zone,  créée pour le Musée National d'Art Moderne, 1985-1994.

chris marker portrait zapping zone 1985

On découvre un autre "autoportrait" de Marker dans son cédérom Immemory ​édité en 1997.

"Chris Marker" vu par Arielle Dombasle: un dessin paru dans le catalogue de la Cinémathèque française, en janvier 1998, à l'occasion de la "rétrospective" Marker mémoire (p. 7).

chris marker portrait 2009

Chris Marker en pleine action durant le défilé du 1er mai 2009, photographié et filmé ​par "le vieux monde qui n'en finit pas". Le film n'est aujourd'hui plus accessible.

chris marker portrait 2009

Le 16 mai 2011, le Blog de documentation et d’analyse des arts des nouveaux médias: Arts des nouveaux médias, a mis en ligne cette photographie avec le texte descriptif suivant: "Puis, le 5 octobre 2010 à 10h, dans le RER ligne B, depuis Chatelet-Les Halles, où nous sommes montés, jusqu’à Luxembourg, où nous sommes descendus. Le train était bondé et je me trouvais collé à lui, avec mon iPhone en position vidéo. Je ne publie pas cette vidéo, seulement un photogramme, comme preuve des regards échangés (et enregistrés). Ici encore, il était équipé de ces lunettes et je me suis dit qu’il captait des images de gens. L’exposition de New-York provient probablement de ce dispositif par lequel, comme le 1er mai 2009, le maître extrait des photographies de prises de vues vidéo. En couleurs désormais. JLB"


Arpentage récent de la toile à la suite d'une nuit en solitaire, Assouline se dévoile retraçant à travers la République des livres les méandres de la mémoire de Maroussia Vossen et dévoile au passage un "autoportrait Nosferatu" de Marker aux lunettes des Passengers, entre La Jetée et ISKRA. Comprenne qui voudra ou pourra! Mais les images si rares ne peuvent être passées sous silence.

Chris Marker dans son "atelier" en compagnie d'Anne Papillault durant le montage de Un maire au Kosovo, en mai 2000 (Chris Marker, Cinémathèque française, 2018, p. 316).

A l'occasion du ​pique-nique international organisé par la revue web @rrêt sur images qui s'est tenu début juillet 2009, Chris Marker a écrit une lettre à la rédaction pour se plaindre de l'impossibilité de mettre des photos sur le blog. Il en a finalement envoyée quelques unes, dont celle-ci, légèrement retouchée.

chris marker portrait 2010

Photographie de Gérard Rondeau, proposée par le site Art Science Factory, prise en 2010, lors de l'anniversaire du Centre André Malraux de Sarajevo, à la librairie "Comme un roman" (39, Rue de Bretagne, 75003 Paris), avec Francis Bueb, fondateur du Centre, et Emir Sehic, dit Miro.

chris marker portrait 2010

Voici un des tous derniers portraits de Chris Marker apparu sur le web, le 30 juillet 2012, sur le site internationalsadhits.tumblr.com, avec le texte suivant:

"C. suggests a café, but then complains that it is “full of disgusting Frenchmen, eating.” We go to the apartment where we are staying instead; I make him coffee and we share a galette des Rois (it is the season). N. finds the prize in the first slice, and wears the crown. Seeing her, C. says he regrets not bringing his camera - “This is the second opportunity I have missed this month,” explaining that the other was a fight that broke out in the streets between demonstrating firemen and the police.
N. shows him her digital camera and he uses that, taking her portrait with the crown from the galette. The encounter is uncannily like N. with her father.
C. refuses the pastry, explaining that he never eats in the middle of the day. The apartment is across the street from a camping store, and C. remarks that he used to buy his food there – a mix that provides all necessary vitamins and nutrients for the day, in one draught. “Don’t you eat raw meat, as well?” N. asks. “Just a little, at night,” he says. He truly is a cat."

Il s'agit de Naomi Yang, membre du groupe Damon & Naomi, pour lequel Marker réalisa un vidéo clip en 2011 pour la chanson And you are here.
Merci au transmetteur assidu d'informations qui nous a fait parvenir cette nouvelle.

L'ultime portrait connu de Chris Marker n'est autre qu'un dessin réalisé par Jean-Claude Carrière.
Romancier, scénariste, acteur, Jean-Claude Carrière se définit plus volontiers comme conteur. Il cosigne des courts et longs métrages avec Pierre Etaix, collabore avec les dramaturges Jean-Louis Barrault et Peter Brook, et avec les cinéastes Milos Forman, Volker Schlöndorff, Jean-Luc Godard, et surtout Luis Bunuel, qu'il côtoie durant dix-neuf ans.
Il décrit son projet comme suit: «C'est l'occasion qui fait le dessin. Au moins en ce qui me concerne. J'ai dessiné toute ma vie, depuis mon enfance, au hasard du regard. Tel personnage que je rencontre dans une rue me frappe, je ne sais pas pourquoi, un détail, une allure. Au lieu de le photographier – ce qu'il eût peut-être refusé –, je l'enregistre visuellement, du mieux que je peux. Après quoi, chez moi, je le reconstitue. Une habitude, presque une manie. A la fin, cela constitue un très long chemin… une sorte de carnet de notes qui traverse plus d'un demi-siècle… une bande dessinée personnelle..»
Cette "planche originale de bande dessinée", de 17 x 19 cm, intitulée 115 Visages connus, Chris Marker , a été exposée à la ​Galerie Petits Papiers, à Paris, du 15 novembre au 7 décembre 2013, à l'occasion de la parution de son livre Dessins d'Occasions / Occasions de Dessins édité aux éditions Les Cahiers dessinés.


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Erreurs d'attribution

Le site "Association Cuba coopération France" propose un texte de Michel Porcheron, intitulé "La Succession de Chris Marker: reverra-t-on Cuba Si! et tant d'autres films ensevelis?" (10 septembre 2012), dans lequel se trouve un portrait photographique dit de Chris Marker et qui serait le plus ancien connu, sans pour autant préciser ses sources. En réalité, comme cela nous a été signalé, cette photo concerne l'acteur - romancier Gore Vidal, décédé le 31 juillet 2012.

Dans son ouvrage Mémoires d'un français qui se souvient d'avoir été Allemand (1999 / p. 481-482), Joseph Rovan revient sur sa collaboration à la collection "Petite Planète" pour laquelle il a écrit l'exemplaire sur l'Allemagne. Il précise au passage: "Pour nous amuser, Chris produisit la couverture d'un livre qui ne vit jamais le jour: "la petite planète" Mars [le n° 25, qui dans la réalité s'attachera à la Yougoslavie], qui servit d'enjeu au film d'Alain Resnais sur la Bibliothèque nationale [à savoir Toute la mémoire du monde (1953)]. On y voyait le cheminement d'un livre depuis son arrivée à la Bibliothèque jusque sur la table de son premier lecteur. Le livre en question était précisément La Planète Mars, mais qu'un Chris Marker habillé en livreur apportait en personne rue de Richelieu. J'étais, moi, le lecteur, qui eut du mal à s'attabler dans une salle de lecture qu'un vieux fréquentant assidu, l'abbé Boulier, prêtre progressiste fort connu, refusait d'évacuer, ne comprenant pas ce qui se passait. Quand le film fut projeté devant Julien Cain, le non moins vieux patron de la Bibliothèque, celui-ci dit à la fin, pensif: "Je ne savais pas que M. Marker était employé aux Editions du Seuil en qualité de coursier". Notre ami, depuis ce temps, a beaucoup couru dans la plupart des parties du monde, de Pékin à Cuba et du Japon aux îles du Cap Vert..."
En réalité, le livreur n'est pas Chris Marker, mais François-Régis Bastide, comme nous l'a confirmé Dominique Raoul-Duval (voir photo de droite).
François-Régis Bastide avait publié en 1953 Saint-Simon par lui-même dans la collection "Ecrivain de toujours" et en 1954 l'exemplaire de "Petite planète" consacré à la Suède. Il était finalement entré aux éditions du Seuil en tant que conseiller littéraire en 1956.

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